Que la nuit te soit belle


Chapitre 11



Tom, Gustav et Georg entreprirent de suivre discrètement Bi
ll, afin le surveiller et de le protéger d'Akasha le cas échéant.

Le soi
r suivant, voyant Bill quitter discrètement la salle de concert, ils s'arrangèrent pour détourner l'attention de Saki, en lui laissant croire qu'une groupie se cachait dans les toilettes. Échappant ainsi à sa vigilance, ils empruntèrent, quelques minutes plus tard, le même chemin que Bill.

Trop tard hélas, pour éviter le drame, mais juste assez vite pour en suivre le déroulement.

Ils virent un jeune homme se précipiter sur Bill et l
'invectiver violement en allemand :

- Tu m'as volé m
a copine !

- Je n
e connais pas ta copine.

- Mais toi, elle te connaît, elle n'en a plus q
ue pour toi : Bill par ci, Bill par là, je n'existe plus.

- Je ne suis
pas responsable si ta copine aime notre musique.

- Si c'était que ça, c'
est toi qu'elle aime et je ne peux pas le tolérer....

Il empoigna Bill d
'une main et de l'autre lui planta un poignard dans la poitrine, avant de prendre ses jambes à son cou.

Les garçons se précipitèrent vers Bill, m
ais la vue d'Akasha tombant du ciel à côté de lui, les stoppa net dans leur élan. Ils n'étaient qu'à quelques mètres à peine, dissimulés par un gros container à ordures, ils pouvaient observer à loisir la scène sans être vus.

Ils comprirent qu'elle l'avait ramené à la vie, mais qu'il ne ser
ait plus jamais le même. Ils ne savaient pas s'ils devaient lui en vouloir ou pas et se mirent à chuchoter entre eux :

- Tu as vu ce qu'elle a
fait !

- Oui, je crois que cela s'appelle le Don ! Si j'ai bien compris ce que mon fr
ère m'a dit.

- Tu crois qu'il était mort ?

- Non, mais presque !

- On aurait pu
le sauver ?

- Il faudra lui demander ! Mais je pense que si elle a fait cela, c'es
t qu'elle n'avait pas le choix.

- Tu crois ? Elle a peut-être profité de l'occasion,
je crois qu'elle est attirée par lui.

-
Et alors ? Tu as vu comme Bill l'a chassée, elle ne doit pas être ravie !

- On fait quoi ?

- J'en sais rien.

- On va lui par
ler ?

- J'ai peur !

- Tu as peur de ton frère ?

- Il n'est plus comme avant, ce
n'est plus mon frère.

- Si, c'est toujours ton frère !

- Non, c'est une créature c
omme elle !

- Tu aurais préféré qu'il soit mort ?

- Je ne sais pas ....

Bill ava
it la tête qui tournait, il ne savait plus ni qui il était, ni où il en était. Son cerveau, en ébullition, tentait d'assimiler La Mémoire de la Race : tout se mélangeait dans sa tête.

Il marcha péniblement jusqu'à un banc, s'assit et mit sa tête entre se
s mains, laissant le temps faire son ½uvre et ses pensées retrouver une certaine cohésion.

Comment les autres allaient-ils réag
ir ? Ils vont me détester, avoir peur de moi. Je retourne auprès d'eux ou je rejoins Akasha ?

Il repensa à tout : sa famille,
son frère jumeau qui l'avait trahi, son passé, ses amis, le groupe, la musique, le succès, la scène, les fans, Akasha, le Pouvoir, le Don, l'éternité, voler, il se sentait déjà tellement différent....

Quelques heures plus tard sa décision était prise !

# Posté le vendredi 09 novembre 2007 19:39

Modifié le jeudi 29 mai 2008 03:05

Que la nuit te soit belle

Chapitre 12



Le lendemain soir, toujours sans nouvelles de Bill, je commençais à m'inquiéter. Mentalement je tentai d'ent
rer en contact avec lui, afin de le localiser, il ne fallait pas qu'il demeure seul trop longtemps.

Tout ce que je réussi
s à percevoir fut un mélange de pensées chaotiques, l'assimilation est une épreuve pénible.

N'arrivant pas à savoir exa
ctement où il s'était réfugié, je me résolus à me connecter à l'esprit de Tom. L'ayant fait une fois, ce fut un jeu d'enfant. Enfer et damnation ! Il était lui aussi mort d'inquiétude. Bill était introuvable, pire encore, ils avaient dû annuler le concert de la soirée, c'était donc plus grave que ce à quoi je m'attendais.

Je localisai Tom facilement, il fallait
que je le voie. J'appréhendais cette rencontre, mais je la savais indispensable. Je sortis de mon hôtel, passant par de sombres ruelles, j'en profitai pour me nourrir du premier homme de robuste constitution que je croisais. J'aurai bien besoin de toutes mes forces, la nuit allait être longue...

Je me posais sans bruit près du bus
et, prenant mon courage à deux mains, je frappais doucement à la porte. Elle s'ouvrit sur un grand jeune homme aux longs cheveux bruns, visiblement fâché, qui posa de grands yeux gris-vert sur moi et marmonna :

- Quoi encore ?

- Je suis Akasha, il faut que je parle à To
m.

- Entre ! Il me laissa passer, tout en m'observant attentivement à la recherche de je ne sais quoi....

- Je ne sais p
as par où commencer ?

- Ne t
e fatigue pas ! On sait tout, on a vu ce que tu as fait à mon frère !

- Je suis désolée,
c'était cela ou il mourait.

- Tu es certaine que tu as fait le bon choix ?

Je pâlis, si tant est que je puisse pâlir, a
u vu de la blancheur laiteuse de ma peau.

- Tu ne penses quand même pas que je l'aurais fait si j'avais pu l'éviter ?

-
Je n'en suis pas si sûr !

- Tu ne sais rien de moi et tu me juges sans comprendre.

- Tu
le voulais pour toi et tu l'as eu !

Là je me décomposai littéralement, mes yeux flamboyèrent sous la colère mêlée de tristesse que ces paroles provoqu
èrent en moi. Je les toisai les uns après les autres et désignant le sol :

- ASSIS , ordonnai-je sur un tel ton que je fu
s obéie instantanément.

Je m'assis à leurs côtés, nous formâmes un cercle et je leur demandai de se tenir par les mains
. Quand toutes nos mains furent jointes, je leur expliquais mentalement ce que nous allions tenter :

* Bill m'a acceptée
sans me juger avec mes différences, alors que vous, vous êtes trop terre à terre. Vous me jugez sans rien connaître de moi ou si peu, vous voyez le mal, là où il y a seulement de l'amour. Je vais tenter quelque chose, que je n'ai jamais osé tenter, même si je sais qu'il est possible de le faire. Cela causera peut-être ma perte, mais au moins j'aurai essayé. Vous, vous ne risquerez rien, je serai la seule en danger. Je vais vous emmener loin, très loin dans mon passé, il y a plus de 5000 ans du temps de la première dynastie, à This en Egypte. Vous aurez l'impression de vraiment y être, mais ce ne sera pas réel, tout est déjà vécu. *

Une sensation d'intense chaleur, de suffocation
nous envahit, nous étions tous les quatre debout sur un sol aride et rougeâtre, au milieu d'une sorte de marché de rue très animé. Je leur fis signe de me suivre jusqu'à une échoppe, leur désignai un magnifique jeune homme musclé, à la peau très brune, aux traits fins et aux splendides yeux noirs, de longs cheveux tressés glissant sur son beau visage, tandis qu'il s'affairait à ciseler délicatement un bracelet d'or : Séthi.
Je les emmenai ensuite près d'un bosquet d'arbres, où un couple enlacé s'embrassait au clair de lune. Ils reconnurent Séthi et quand le vi
sage de la femme se tourna, c'était le mien. Observer des êtres qui s'aiment autant, fait en général chaud au c½ur, quant à moi, je souffrais le martyr. Je gardai les yeux clos, ils me virent partager le Don avec celui que j'aimais de toute mon âme.

Puis nous arrivâmes dans une gro
tte, où à grand renfort de discours et usant du Pouvoir, Séthi complotait pour renverser le pharaon Ménès, afin de gouverner sur l'Egypte.....

Convoquée par les Anciens de la Lignée, je fus enjointe de détruire Séthi. Il avait enfreint la Règle d'Or, il aurait dû rester dans l'ombr
e, il le savait, mais sa soif de pouvoir était trop forte. Si je ne cédais pas, je serais mise à mort et lui ensuite. Mon sacrifice ne le sauverait point.

La mort dans l'âme, je lui ôtai la vie.

Des larmes de sa
ng coulaient sans fin le long de mon visage.

Nous revînmes dans le pré
sent, toujours assis en cercle dans le bus. Mon visage était rougi par les mêmes larmes et un petit tas de rubis gisait à mes pieds, je les pris, les offris à Tom en lui disant :

- Voici le prix de ma souffrance, de mon amour perdu !

Ils comprirent, tous trois, que ce que j'avai
s fait pour Bill, m'avait coûté cher, bien plus cher en souffrances, que tout ce qu'ils pourraient subir leur vie durant.

Tom se mit à pleure
r et me serrant dans ses bras, et murmura :

- Partage le Don avec moi et je le ramènerai, c'est mon frère, mon jumeau, je saurai le ramener.


# Posté le dimanche 11 novembre 2007 17:24

Modifié le jeudi 29 mai 2008 02:46

Que la nuit te soit belle

Chapitre 13



Bill ressentit le besoin impérieux de se ressourcer, de retourner à s
es racines, à son enfance, aux prémices de Tokio Hotel, à la période Devillish, il y a un peu plus de 6 ans, avant les tournées, le marketing, le stress perpétuel.

Encore en bisbille avec la mémoire de la race, il n'osa pas tenter de voler. Il se contenta de se rendre à la première gare et de sauter dans un train, direction Hambourg, puis Magdeburg et enfin Loitsche, un pèlerinage en somme...


Seul dans un w
agon de première classe, appuyé contre la vitre et regardant défiler le paysage sans vraiment le voir, il était perdu dans ses pensées.

La découverte de la musique,
le plaisir de jouer de chanter, d'écrire des chansons, sa complicité avec Tom, son jumeau, sa moitié, sa rencontre, avec Georg et Gustav, dans un petit club à Magdeburg, un week-end alors qu'il se produisait sur scène avec Tom, rencontre qui déboucha sur une grande amitié et qui vit naître leur groupe : Devillish.....

Inspiré
par les sentiments : amour, amitié et jalousie, par les souffrances aussi : le divorce, le suicide, la drogue, il a puisé dans la vie, les textes de ses chansons. Le plaisir de chanter demeure en lui, il fredonne doucement ......
Il revoit les par
ties de fou rire avec Tom, Gustav et Georg, ses complices, ses amis.

Les moments p
lus douloureux aussi, comme le divorce de ses parents.....

Le train entre en gare
; « Magdeburg, fünf minuten»

Il est trè
s tard ou très tôt, c'est au choix, la gare est quasi vide.

* Au moins personne ne va me reconnaître et c'est tant mieux. U
ne horde de groupies serait la pire chose qui puisse me tomber dessus, si tant est qu'il puisse m'arriver pire que la situation dans laquelle je me trouve !
Que va d
evenir le groupe ? C'est plus possible, maintenant je ne vieillirai plus, ils ne vont jamais l'accepter! Et Tom, déjà qu'il a trahi ma confiance, ne pourra plus m'aimer, je ne suis plus son frère jumeau, nous n'avons plus les mêmes gènes.

Je ne me sens plus moi-même, c'est atroce.
Mais p
ourquoi moi ? J'avais tout pour être heureux ou presque !
Maintenant tout est sens dessus dessou
s.
Pourquoi ai-je croisé la route de cette créa
ture maudite ?
Pourquoi cet imbécile m'a poigna
rdé ? ..... Que de questions sans réponse .........

La tête me tourne, je suis fatigué, j'ai faim ! Quelle chance, un distributeur automatique. Je sélectionne une barre chocolatée que j'engouffre en toute hâte, abomination : une atroce douleur me tord les entrailles, mon estomac se révulse, refusant d'assimiler pareille nourriture ! Eh ! Merde, je ne peux même plus manger de chocolat ! *

Bill se concentra, faisant appel à ce méli-mélo de souvenirs disséminés dans son crâne e
t comprit qu'à part du sang humain, il ne pourrait plus jamais rien avaler d'autre.

La rage au c
½ur, « Maudite soit Akasha! » il partit en quête d'un quidam, afin de calmer sa faim. Ce n'est pas si mauvais finalement ! Cette impression de force, de puissance, ce serait même agréable au demeurant.

Comme enivré, Bill se mit à courir vi
te, encore plus vite, si bien qu'en moins de 10 minutes, il parcourut les 24 km, reliant Magdeburg à Loitsche.

Perturbé par sa performance, enco
re un peu étourdi, il vit avec inquiétude l'aube poindre à l'horizon. Il lui fallait trouver rapidement un abri. Il repensa avec nostalgie à la cabane dans les bois, leur refuge « à la Tarzan », construit quand ils étaient encore des gamins.....

Cela ferait l'affaire en attendant mieux.

# Posté le mardi 13 novembre 2007 21:55

Modifié le jeudi 29 mai 2008 02:46

Que la nuit te soit belle

Chapitre 14



Mon esprit plongea jusqu'au tréfonds de l'âme de Tom, sa demande était motivée
par l'amour, un
amour inconditionnel pour son jumeau, sa moitié, il
avait choisi.

Bill n'
avait pas eu cette opportunité, son âme n'était pas suffisamment prête, son esprit et son corps, modifiés par mes gênes n'étaient plus en accord. Je le savais en danger, il aurait besoin de tout le soutien possible.

Je m'écartai de Tom. Longtemps nous restâmes les yeux dans l
es yeux, il était prêt.

Je partageais le Don, l'Esprit et la Souffrance, tout était lié dans
ce rituel inhabituel. Le Don était lié à l'amour, on le partageait avec ceux que l'on aimait et Tom ne m'aimait pas ......

A l'instar de son frère, son corps et son esprit se modifi
èrent.

Gustav et Georg mirent du temps à se ressaisir, ils n'avaient
pas vraiment compris la prière de Tom, murmurée à mon oreille et ils m'invectivèrent :

- Non, mais ça va pas ! Bil
l et maintenant Tom, tu les cumules, les conneries !

- Je...........

- Les gars, on se cal
me, c'est moi qui lui ai demandé.

- Hein, mais t'es taré !

- Non, je suis le seul à pouvoi
r aider Bill et je devais devenir comme lui.

- Et, toi tu as accepté de le transformer ?

- Oui, l'amour était sa motivation première, le Don implique de l'amour, sans amour pas de Don.

- N'importe quoi !

- Tu pourrais partager ton âme, ton esprit avec quelqu'un que tu n'
aimes pas ?

- Euh.......

- Le Don est une fusion totale, c'est tran
scender l'amour.

- Mai
s tu n'es pas amoureuse de Tom ?

- Non, mais j'aime Bill et Tom aime tellement Bill, que c
ela a rendu le Don possible.

-Bon, trêve de
blabla. Gus, Georg, vous vous débrouillez pour occuper Saki, il ne doit rien savoir. Moi je pars avec Akasha pour ramener Bill.

Dans la fr
aîcheur de la nuit, Tom et moi partîmes en quête du lieu où se terrait Bill, mais avant il était
indispensable d'avoir suffisamment de force pour voler. Les humains aimant se balader
par deux, chasser à deux permet de trouver plus vite de quoi se nourrir.

Tom, instinctivement, réussit à sai
sir sa proie et à lui prendre ce qu'il pouvait de sang sans la tuer. Comme moi, il effaça toute trace physique et mentale, du corps et de l'esprit de sa victime. Il assimilait très rapidement la mémoire de la race, j'en fus fière et lui sourit.

Me rendant mon sourire, il me dit qu'il se sentait prêt pour voler, il pensa
it savoir où son frère s'était réfugié.

Nous volâmes
plusieurs heures, jusqu'à survoler une bourgade en pleine campagne allemande, Loitsche. J'aurai dû y penser, il était retourné à ses origines. Tom, sans hésiter, se dirigea vers un petit bois. Comprenant ses intentions, je le retins et le forçai à se poser à côté.

- I
l y a une clairière dans les bois et notre cabane est juste à côté.

-Il vaut mieux marcher.

-On aurait
pu se poser dans la clairière.

- Tu t'es déjà pris un arbre ?

- Euh non !

-Eh bien le jour où cela t'
arrivera, tu repenseras à mon conseil et tu éviteras les clairières.

-Hi, hi, hi ! Il se mit à pouffer de
rire, s'étant plongé dans la mémoire de la Lignée, il avait assisté à mes déboires forestiers.

- C'est p
as gentil de te foutre de moi.

- Oui, mais c'est trop drôle !

- Tu ne perds rien pour attendre .....

Ge
ntiment je lui assenai une bourrade, qu'il me rendit, évitant l'épaule qui avait gardé certains souvenirs d'un non moins certain chêne.

De concert, nous marchâm
es vers la cabane de leur enfance, en papotant. Tom me raconta les tribulations de son enfance, je les connaissais déjà, mais je le laissai parler, il en avait besoin.

Effectivement Bill était bien là. Quand il vit son jumeau, il courut vers lui et le serra dans ses b
ras. Il
l'observa longuement, il avait compris. Le regard glacial qu'il me lança ensuite, me fit froid dans
le dos, sa haine envers moi était palpable.

Je partis sur le champ, la mort dans l'âme et le c½ur brisé.

# Posté le mercredi 14 novembre 2007 19:09

Modifié le jeudi 29 mai 2008 02:47

Que la nuit te soit belle

Chapitre 15



Les deux frères s'observaient, aucun n'osant rompre le silence le premier.
Finalement Tom fit le premier pas, il saisit la main de Bill et l'entraîna dans la cabane, où ils s'assirent face à face.

- Bill !

- Tom ! Ils avaient parlé en même temp
s, ils éclatèrent de rire.

- Alors frérot,
on retrouve ses vieilles habitudes !

- On
ne se refait pas !

- Tu ne dois pas lui en vouloir .

- De quoi tu parles ?

- D'Ak
asha !

- Ne me parl
e plus jamais d'elle, elle nous a contaminés tous les deux.

- Ell
e t'a ramené à la vie !

- Je ne suis pas sûr que c'était ce que j'aurais voulu .

- C
'est pour cela que je lui ai demandé de me faire le Don !

- Tu es dingue !

- Mainte
nant, nous sommes de nouveau uni, encore plus qu'avant....

Tom
fusionna son esprit avec celui de Bill et partagea la seule chose qu'en tant que jumeau, il n'avait jamais pu partager avec son frère : son âme.

Tous s
es souvenirs, toutes ses émotions, ses haines, ses amours, tout ce qu'il y avait dans son c½ur et son esprit, depuis ces dix-huit dernières années, pénétrèrent la conscience de Bill, qui accepta, lui aussi, de livrer les tourments de son âme à Tom.

Ne dit-on pas que le fardeau est moins lourd quand on e
st deux à le porter !

Bien plus tard, un silence de mort régnait dans la cabane. Adoss
és côte à côte au mur de planches, ils demeuraient perdus dans leurs pensées.

Tom, les
mains dans ses poches, sentit de petits cailloux sous ses doigts, il se souvint des rubis, cadeau d'Akasha, les sortant de sa poche, sans un mot, il les tendit à Bill.

A le
ur contact, ce dernier revécut, à l'instar de Tom, Georg et Gustav, une partie de la vie d'Akasha et de Séthi dans l'Ancienne Egypte, leur amour et sa fin tragique. Il ressentit, de par la mémoire de la Lignée, la souffrance d'Akasha. « Les souffrances » serait plus justes, celle d'avoir dû tuer Séthi, mais aussi celle d'avoir dû partager le Don pour le sauver, sachant ce qu'il pouvait lui en coûter.

- Elle m'aime ?

- Oui, et bien plus que tu ne peux l'imagin
er, sans amour pas de Don !

- Et toi, elle t'aime aussi ?

- Non, c'est uniquement parce que je t'a
ime, qu'elle a pu le faire.

Bill savait que son frère l'aimait, mais ne pensait pas que ce serait au
point de sacrifier son humanité. Pour ne pas sombrer dans le mélodrame, Tom détendit l'atmosphère en sortant quelques âneries, donc il avait le secret.

- Je suis content, moi, de vivre pour toujours, c
'est chouette de voler, et puis on va pouvoir faire plein de trucs....

- Ah bon tu as réussi à voler
?

- Ouais c'est cool ! Je te montrerai, la première fois c'est mieux de le faire avec quelqu'un qui
sait et pour atterrir aussi, en plus il faut faire gaffe aux arbres !

- Hi,hi, hi ! Éclats de rire
commun (et on se fout de moi quand je n'y suis pas)

- Plus sérieusement : ton attitude avec elle a é
té horrible, tu as vu dans quel état tu l'as mise ?

- Je ne me rendais pas compte !

- Tu lui as br
isé le c½ur !

- Je le regrette, j'espère qu'il n'est pas trop tard !

- Je l'espère aussi ! Elle ve
nait de revivre la douleur de son premier amour perdu et le soir même, elle perd son second amour, tu imagines ........

- Tom, es-tu amoureux d'elle ?

- Non, mais je partage sa souffrance et son amour
pour toi, cela fait partie du Don.

- Tu m'en voudrais de l'aimer ?

- Ben non, tu peux aimer qui tu
veux. Tu l'aimes ?

- Je crois !

- On est pas sorti de l'auberge avec toi !

- ???

- Oui ou non ?
C'est pourtant simple !

- Dans ma tête, c'est pas si simple.

- Tiens donc..... (d'un ton narquois)


- On devrait y aller !

- Je te montre comment on vole, dit Tom, tout excité par cette perspective

# Posté le vendredi 16 novembre 2007 19:25

Modifié le jeudi 08 janvier 2009 21:41