Que la nuit te soit belle

Chapitre 16



Akasha, rentrée à son hôtel, se morfondait ruminant de sombres pensées. Une fois de plu
s elle se retrouvait rejetée et seule, si seule, trop seule....

Elle passa
la journée allongée, sommeillant à moitié, ressassant les derniers événements. Le soir venu, sur un coup de tête, elle empaqueta le strict nécessaire et partit pour un ancien château, dissimulé au centre d'une immense forêt dans une contrée perdue.

Dirgenhar appartenait à la Lignée depuis le moyen âge. Il avait toujours été u
n refuge, où tout membre de la race était le bienvenu quelle que soit sa lignée, une sorte de no man's land, même en temps de guerre entre clans.

Le vol fut long, mais rien ne vint le troubler. J'arri
vais enfin en vue de la forêt, j'approchais du but. Mais pourquoi faut-il qu'il y ait toujours des arbres, pensai-je. La cour était grande, fort heureusement et dépourvue d'arbres, j'y avais veillé.

Di
rgenhar n'avait pas changé au cours des siècles, si ce n'était la poussière et les toiles d'araignées, rien que ne puisse arranger un certain pouvoir, dont j'usai avec parcimonie, celui du déplacement mental. L'utiliser sans réfléchir, c'est le meilleur moyen de se retrouver sur le bûcher pour sorcellerie, les objets qui flottent dans l'air tout seuls ont le don de susciter la méfiance chez les humains.

Je me prélassai dans la bibliothèque, lovée dans un confortable fauteuil, bercée par le crépitem
ent du feu dans la cheminée.

Je revis mon enfance en terre atlante, la mort tragique des mes parents
. Je fus recueillie par un membre de la Lignée, il me servit de père, de mère, d'ami, il m'a tout appris, il s'appelait Beladhor.

Quand je fus adulte, il partagea le Don et je devins sa fille ; la pe
tite Antinéa devint Akasha !

En ces temps bénis, l
a Lignée et le peuple atlante faisaient commerce. Ils furent d'ailleurs la seule race à accepter la nôtre et à la respecter. La destruction de l'Atlantide signa la fin de notre collaboration avec la race humaine. Les autres peuples, trop arriérés, avaient si peur des nôtres, qu'ils les tuaient sans même leur laisser une chance de s'expliquer.

Je ne
me souviens pas des mes parents, souvent j'avais interrogé Beladhor, qui avait toujours éludé toutes mes questions, dans sa mémoire. Au moment de la fusion, je sus que mes parents avaient été assassinés et qu'il m'avait trouvée cachée dans un coin du Palais. J'ai supposé que j'appartenais à la lignée royale, il ne m'a jamais ni infirmée, ni détrompée.

Il craignait sûrement que je ne cherche vengeance et que je veuille reprendre le trône.... La Règle d'Or : rester dan
s l'ombre, il fallait suivre notre ligne de conduite.

Je
pensais à mon bien-aimé Séthi, mon second amour, après mon père. Je n'avais aimé et fais confiance qu'à deux hommes durant toute mon existence, mon père Belhador, qui m'avait sauvée la vie et Séthi. Son âme si belle m'avait séduite, il était si prévenant, si tendre, je l'aimais tellement......

Voilà qui ne m'a pas servi de leçon : je m'entiche d'un chanteur, qui ressemble à une fille, trouve le moyen de se
faire assassiner, me reproche de lui avoir sauvé la vie et d'avoir, en prime, contaminé son frère. Merde, je suis une imbécile! Si je pensais plus avec ma tête qu'avec mon c½ur, je ne souffrirais pas autant.

On dit que le temps adouci
t les peines... Plus de 5000 ans que j'ai perdu mon amour et j'en souffre encore. Je décidai tout de même de mettre à profit cet adage.

Je me levai, me dirigeai vers le grand hall, grimpai allégrement la cinquantaine de marches qui me
séparait du premier étage, franchis la seconde porte à gauche, pour déboucher dans une splendide chambre, ornée de grandes tentures anciennes, où trônait un lit à baldaquin tout de velours cramoisi. Sous le couvre-lit, de doux draps de soie noire ne demandaient qu'à m'accueillir.

Dissimulée par un paravent, une armoire regorgeant de vêtements, me la
isse tout loisir de trouver une tenue à ma convenance. Je jette mon dévolu sur un long déshabillé de dentelle et de soie noire, je me remaquille, me coiffe et ainsi parée me glisse dans le lit.

Je me mets alors en stase, ralentissant
encore plus mon métabolisme, telle la Belle au Bois Dormant.

Pour 1 an, pour 100 ans, pour 1000 ans, pour toujours ?

# Posté le lundi 19 novembre 2007 19:30

Modifié le jeudi 29 mai 2008 02:47

Que la nuit te soit belle


Chapitre 17



Georg et Gustav, ayant fort heureusement réussi à entourlouper Saki, avec
un art consommé du mensonge qui laissait sous-entendre une pratique assidue, furent on ne peut plus soulagés, lorsque Bill et Tom franchirent la porte du bus.

Ils avaient l
'air épuisés, très pâles, mais heureux de s'être retrouvés et d'être rentrés.

- Alors
, que s'est-il passé ?

- Tu étais où ?

- Elle est où ?

- Vous êtes rentrés comment
?

- Une question à l
a fois, j'ai retrouvé Bill dans notre cabane à Loitsche, on est rentré en volant !

- Tu te fous de moi ?

- Non pas du tout, on peut vraiment voler.

- J'aimerais bien voir ça !

- D'abord on doit manger, on a plus de force.

- On a des
barres chocolatées !

- Ne me parle plus jamais, de barre choco
latée ! J'ai failli en crever, on a besoin sang !

- Prenez le notre !

- Ça va pas ! On ne va pas vampiri
ser nos potes.

- C'est pas dangereux pour
tant ?

- Non, mais cela me ferait trop biza
rre de boire le sang de l'un de vous deux.

- Tu vois quelqu'un d'autre à l'horizon ?

- Saki !

- Nooooon
! (grand éclat de rire)

- Encore moins que vous.

Tom et Bill, t
rop affamés pour tergiverser plus longtemps, acceptèrent la proposition de Georg et Gustav, qui ne trouvèrent pas cela bien agréable, mais n'en souffrirent pas pour autant. Se sentant un peu faiblards, ils se goinfrèrent d'une bonne moitié du contenu du frigo.

- Vous ne m'avez pas répondu, elle est où ?

- Qui est où ?

- Akasha ?

- C'est une
bonne question, n'est-ce pas Bill ?

- Je n
e vois pas le rapport avec Bill !

Tom entr
eprit de narrer à ses deux amis, tout qui s'était passé depuis son départ avec Akasha : le vol, leurs discussions, les retrouvailles à la cabane, la réaction de Bill et la fuite d'Akasha.

- T'es con ou quoi ?

- Elle t'aime, elle fait le Don à Tom, elle vie
nt te chercher et tu la traites pire qu'un chien !

- Je sais, mais je l'ai compris trop tard.

- Tu
comprends souvent les choses trop tard......

- Tu n'es pas obligé d'en rajouter une couche.

- Non,
non !

- Vous savez au moins où elle est ? Après tout vous êtres branchés, si j'ai bien pigé.

- Non
et c'est bien le problème !

- On ne la ressent nulle part, elle doit être bien loin.

- Tu ne croi
s pas que ....Tom chantonna la mélodie de Spring Nicht

- Elle est immortelle, elle n
e va pas se tuer.

- Rectification frérot ! Elle est presque immortelle, nuance, si elle le veut vra
iment, elle le peut.

- Elle vit depuis des millénaires, elle ne va pas se tuer pour moi.

- Qui sait
ce que l'amour peut pousser à faire .....

- Je me demande où elle a bien pu trouver refuge ?

Ce m
ot éveille un écho chez les jumeaux : refuge, refuge ....

Elle est sûrement à Dirgenhar !

- Dirge
nquoi ?

- Le château de la Lignée, il a toujours été un refuge pour tous ceux de la Lignée.

- C'est
où ?

- Dans un coin paumé dans les pays de l'est.

- En Transylvanie, chez Dracula ?

- Pas bien lo
in (grands éclats rires des deux frères)

- Vous vous chargez de Saki !

- Quoi encore, on ne va pl
us savoir quoi inventer !

- Mais non, on vous fait confiance, pour ça votre imagination est sans li
mites.

- Ils en ont de drôles !

Les jumeaux par
tis, Georg et Gustav n'ont de cesse de mettre au point un plan infaillible, pour éviter que Saki ne découvre le pot aux roses.

- Georg, tu as une idée
?

- La même que la dernière fois !

- Non, il ne se fera pas avoir deux fois.

- Je crois que j'ai
la solution ! Il lui chuchote quelques mots à l'oreille.

- Excellent !

- Reste à espérer qu'ils so
ient de retour après demain pour le concert, parce que sans ça, on est dans la merde et jusqu'au cou.

# Posté le jeudi 22 novembre 2007 00:05

Modifié le mercredi 28 janvier 2009 20:13

Que la nuit te soit belle

Chapitre 18



Tom et Bill trouvèrent sans peine le château. Passant la porte, ils crièrent : « Akasha, Akas
ha »

Pas de réponse.

Très inquiets, ils commencent à courir partout, avant d'e
ntreprendre une fouille méthodique du château. Ils finissent par pousser la porte de la chambre où elle repose, leurs c½urs se serrent à cette vision.

- Je l'ai tuée !

- Non je ne croi
s pas, je sens un peu ses pensées !

- Comment on la r
éveille ?

- Essaye la version « Belle au Bois Dormant »

- Hein ?

- Tu l'embrasses espèce d'andouille !


Bill se penche sur Akash
a, pose doucement ses lèvres sur les siennes et.......rien.

- Tu as une autre id
ée ?

- Embrasse-la pour de vrai, pas un bisou, un vrai baiser et passionné si tu peux!

Le baiser se fai
t passionné et langoureux et .......rien.

- Je devrais peut-être essayer ?

- Tu veux mon poing sur la fig
ure !

- Non, sans façon !

- Il doit y avoir une autre méthode, ça aurait été
trop facile et puis les contes de fées, c'est bon pour les enfants.

- Reste à la trouver !

- En bas il y a une immense bibliothèqu
e, l'un des livres a forcément la réponse...

Ils red
escendent et se rendent dans la bibliothèque, elle regorge de tellement de livres, que cela va être galère pour trouver le bon. Mais quand on aime, on soulève des montagnes (de livres).

Dans un recoin de la bibliothèque, une petite étagère vitrée semble en contenir les recueils les plus précieux et les plus rares. Tom parcourt des yeux les étagères, De Anima Profundis, Olypmus Dei , Sacrificus...et bien d'autres encore, dont il ne déchiffre même pas les caractères : grecs, sumériens, hiéroglyphes, cunéiformes....

- Merde c'est du chinois, enfin des tru
cs anciens !

- Fait comme
Akasha !

- Hein ?

- Tu te souviens, la première fois que tu l'as rencontrée ? Elle nous a dit avoir app
ris l'allemand en quelques heures, trouve un dico et essaye....

- Je peux savoir pourquoi c'est moi qui m'
y colle ?

- Parce que je n'aime pas lire !

- Ben, voyons !

- S'il te plaît ....

- C'est bon, c'est bo
n, remonte près d'elle, quand j'aurai trouvé, je te rejoins.

Tom se met en quête d'un dictionnaire de lati
n, au moins il sait lire les caractères. Le seul exemplaire qu'il trouve est en latin-français, évidemment ne parlant que l'allemand, c'est un problème, qui se trouve vite résolu par un second dictionnaire d'allemand-français.

Il
commence par lire celui en allemand-français, une page, puis une seconde, une troisième, de plus en plus vite, en quelques heures les deux dictionnaires sont lus et assimilés. Il retourne consulter les titres des livres et s'empare de De Profundis Anima (Des Profondeurs de l'Ame), lorsqu'un petit éclat doré attire son regard, coincé au fond de l'étagère, Il aperçoit un manuscrit, s'en saisit et admire la richesse de la couverture de cuir, décorée de somptueuses volutes entrelacées, passées à la feuille d'or, de petites pierres précieuses y sont délicatement incrustées. Il ne peut s'empêcher de l'ouvrir, il y découvre une écriture toute en rondeurs et volutes, incompréhensible, mais d'une beauté fascinante. Il en feuillette quelques pages. Tout est du même acabit. Il finit par le déposer sur la table basse et se plonge dans les mystères de l'âme.

Enfin, il pen
se avoir trouvé la solution. Il grimpe, quatre à quatre les escaliers, pénètre dans la chambre où l'attend un spectacle plutôt inhabituel : son frère agenouillé au bord du lit tient dans ses mains, la main droite d'Akasha et sa tête repose au bord du lit.

- Que c'est romantique !(d'un ton légèrement narquois)

- Hein quoi !(d'un ton endormi)

- Debout ! Je crois que j'ai
trouvé la solution.

Bill se relève tout courbaturé et s'étire en grimaçant.

- J'ai mal partout !

- On est censé dormir
dans un lit, pas agenouillé à côté.

- Je me suis assoupi tout seul !

- Ouais, ouais que tu dis ! On aurait cru le Prince
Charmant au pied de sa Belle, Tom rigole gentiment.

- Heu ! B
ill rouge comme une tomate.

- Alors cette solution ?

- Anima
!

- Tu peux décoder !

- Le secret : c'est l'âme. Elle a choisi de se mettre en stase pour une certaine durée et ne se rév
eillera pas avant. Cela peut durer des millénaires et si tu veux qu'elle revienne avant, il faut ramener son âme de la stase.

- Comment ?

- Il faut qu'elle ait une raison de revenir. Si tu l'aimes vraiment, tu dois fusionner avec son esprit et te
nter de la ramener.

- Tu penses que j'y arriverai ?

- Je ne sais pas. Mais c'est ça, où elle reste comme cela .........

# Posté le samedi 24 novembre 2007 18:26

Modifié le jeudi 29 mai 2008 02:49

Que la nuit te soit belle

Chapitre 19



Bill s'étend sur l'immense lit, à côté d'Akasha, se concentre pou
r tenter de se connecter à elle. Il a beaucoup de peine, elle est déjà si loin de la réalité...

Soudain, il se sent aspiré dans un tourbillon de pensées, au
delà du temps, de cette vie, de cette dimension spirituelle. Ce ne sont que couleurs, émotions pures, il est comme hypnotisé : il se sent inexorablement entraîné par ce monde sans fin.

Il n'a plus envie de lutter, c'est si merveilleux,
tout est oublié : la souffrance, la tristesse, la vie, la mort ! Le temps lui même semble une illusion. Sans même s'en rendre compte, à l'instar d'Akasha, il entre en stase.

Fort heureusement Tom a gardé le contact
avec son frère, il comprend ce qui est en train de se passer juste à temps pour intervenir. Il s'allonge du côté du lit resté libre, il les rejoint et tente le tout pour le tout : mentalement il leur fait ressentir toute sa peine à l'idée de les perdre, toute la haine qu'il leur vouerait s'ils osaient l'abandonner.

La haine est un s
entiment aussi fort que l'amour, si ce n'est plus fort encore. Si l'amour peut les ramener, pourquoi la haine ne pourrait-elle pas en fait autant ?

Akasha, l
a première, ressent les perturbations provoquées par les pensées de Tom. La stase repose sur l'accord parfait du métabolisme et du psychisme. La haine, invoquée par Tom, envahit suffisamment son esprit pour que son métabolisme s'accélère entraînant son réveil. Bill, quant à lui, est ramené involontairement par Akasha.

Elle les dévis
age, l'un après l'autre, d'un air peu amène :

- Vous ne m'a
viez pas assez fait de mal comme ça ?

- Je, enfin nous ......

- Vous ! Rien
du tout ! J'étais en paix, enfin plus ou moins.

- Mais.....

- Il n'y a pas de mais ! Depuis
que je vous ai rencontrés, je vais de Charybde en Scylla, j'en ai marre. J'ai eu la paix plus de 5000 ans, maintenant à cause de vous deux, je vis un enfer.

Akasha se met à pleurer to
utes les larmes de son corps. Ce sont autant des diamants qui commencent à envahir le lit, sous les yeux ébahis des deux frères.

- Tu pl
eures toujours des pierres précieuses ?

La qu
estion est si incongrue, qu'Akasha se met à rire. Ne sachant plus trop où elle en est, cela finit par d'autres larmes : des émeraudes se mêlent alors aux diamants. Quand elle est enfin calmée, elle répond, sur un ton radouci :

- Oui !

- ?????

- Les pierres sont les larmes
de mon âme, cela fait partie de ma nature.

- Pourquoi elles ont des couleurs différentes ?

- C'est ainsi ! rouge pour le sang, vert pour l'espoir, blanc pour la peine, bleu pour le b
onheur.....

- Nous aussi, si on pleure ?

- Non !

- Pourquoi, nous sommes comme toi ?

- P
as tout à fait !

- ?????

- Certaines de mes caractéristiques ne me viennent pas de la Lign
ée, mais de mes origines !

Akasha se tourna vers Bill : tu te souviens lors de notre premiè
re conversation mentale, je t'avais dit que je connaissais l'Atlantide ?

- Effectivement !

- Je suis atlante !

- C'est une légende !

- Non et je te l'avais dit.

- Oui, mais....

-
Je ne mens jamais ! Mon continent a été englouti, mais il a bien existé .....

- C'étaient
des magiciens ?

- Non, mais leur race était un peu différente de la race humaine.

- A que
l point de vue ?

- Disons que vous le découvrirez bien assez tôt .... (sourire mystérieux)

# Posté le lundi 26 novembre 2007 18:12

Modifié le jeudi 29 mai 2008 02:50

Que la nuit te soit belle

Chapitre 20



Tom, se sentant de trop, préfère laisse les amoureux en tête-à-tête. I
l sait qu'ils s'aiment, reste à ce qu'eux s'en rendent compte et l'acceptent pleinement.

Restés seuls, leurs yeux se noient dans le regard de l'autre, leurs lèvres se
frôlent, doucement, tendrement. Leurs gestes se font caresses. Bill fait nonchalamment glisser la bretelle du déshabillé d'Akasha. Percevant ses pensées, Akasha a un brusque mouvement de recul et lui lance un regard à la fois fâché et peiné.

- Décidém
ent tu n'as rien compris et comprendras-tu un jour ?

- Je ne....

Elle ne le laisse
même pas finir sa phrase. Il reste interloqué, tandis qu'en coup de vent, elle sort de la chambre. Dans sa hâte, elle manque de peu de tomber dans les escaliers, s'envole afin d'évier la chute et se cogne au lustre. Il s'en suit de monstrueux jurons, dont je n'oserai répéter les termes.

Su
r ces entrefaites, Tom, alerté par le claquement de la porte de la chambre, arrive dans le couloir juste à temps pour lui servir de cible. Elle lui tombe littéralement dessus.

- Aïe ! Ça fait mal !

- Parle po
ur toi, je te signale que je suis dessous et que tu m'écrases !

- Avant c'était les
arbres, maintenant les lustres, je suis maudite .....

- Pourquoi tu filais à toute
allure ?

- Bill......

- Qu'est-ce qu'il a encore fait ?

- I
l voulait ...(elle le lui chuchote à l'oreille)

- C'est normal !

- Comment ça normal ? Je ne peux pas f
aire ça ! Tu ne vaux pas mieux que lui.

A
kasha s'apprête à fuir, mais devinant ce qui allait arriver, Tom la saisit fermement par le bras et l'entraîne dans la bibliothèque où il l'assied dans un fauteuil. Il se tient devant elle, les bras sur chacun des accoudoirs : elle est coincée.

- Je veux comprendre pourquoi tu ne peux pas le
faire, tout le monde peut le faire !

- On fait cela pour se reproduire et je ne peux pas me repro
duire, elle le regarde tristement.

- On le fait aussi pour le plaisir !

- Je ne vois pas l'int
érêt.

Se rendant compte qu'ils ne sont pas du tout sur la même longueur d'ondes, il plonge dans l
a mémoire de la race et entrevoit une chose incroyable : leur race ne fait pas l'amour, pas au sens où nous, les humains, l'entendons. Ils le faisaient pour se reproduire, mais quand ils en eurent perdu l'aptitude, ils ne le firent plus.

- Je comprends mieux ta réaction, Bill ne voulait pas
le faire pour ce que tu penses, mais par amour.

- ?????

- Je t'explique, nous les humains......
..

Un moment plus tard Akasha, rouge comme une tomate, a tout compris, il va de soit que Tom est
plié de rire.

- Drôle de façon de faire l'amour !

- Tu le fais comment ?

- Eleendi !

- ?????


- Nous fusionnons nos corps, nos c½urs et nos âmes !

- Comme le Don ?

- Non, c'est plus grand,
plus fort, cela peut parfois se voir et s'entendre à plusieurs kilomètres.

Elle entreprend de lu
i expliquer les tenants et aboutissant de ladite fusion. Du coup c'est Tom qui vire au cramoisi.

- Tu veux le faire avec moi ?

- Et mon frère, il va dire quoi ?

- On peut le faire à trois !

R
egard choqué de Tom, sourire ravageur d'Akasha :

- Tu ne trouves pas la méthode humaine choquante
, mais la nôtre te dérange ?

- Ce n'est pas cela, mais à trois ......

- L'un après l'autre si
tu préfères ?

- Je ne préfère rien du tout !

- Tu ne sais pas ce que tu perds.

Tom la pl
ante là, sans plus de cérémonie, pour aller rejoindre Bill et tenter de lui expliquer l'attitude d'Akasha. En espérant éviter son poing dans la figure, quand il en arriverait à la partie à trois.

# Posté le mercredi 28 novembre 2007 19:09

Modifié le jeudi 29 mai 2008 02:50